Entrée dans la vie active

Mal-être dans le premier emploi : ma rencontre avec le stress chronique et l’anxiété

Cet article est plutôt de l’ordre de la confidence. Je souhaite y partager une expérience que j’ai vécue récemment.

Aux origines : un démarrage dans la vie active plus éprouvant que je ne l’avais imaginé

Pendant ces deux dernières années, j’ai occupé plusieurs postes et eu plusieurs contrats courts ; différentes équipes, différentes missions et différents milieux. Mais ces expériences ont toutes eu pour point commun de contenir leur lot de déceptions par rapport à l’idée que je m’étais faite de la vie active. Le mot « travail » aurait pour origine latine tripalium, un instrument de torture, et serait donc lié à la souffrance, la contrainte et la domination. Même si cette origine du mot est très débattue voire contestée, il est tentant d’admettre cette association du mot travail tant mon expérience de celui-ci a été, jusqu’à présent, forte en adversité. Pour ma part, les secteurs professionnels que j’ai découverts sont loin du monde des start-ups ou des grandes entreprises où les happiness managers préparent les soirées de cohésion d’équipe pour des collègues tous perçus comme une joyeuse bande de frères et sœurs.

pexels-photo-264594

L’élément déclencheur : le manque de préparation et l’impression de ne pas être à la hauteur

C’est lors de l’un de mes contrats les plus récents que j’ai mis le pied dans une spirale de stress qui n’a fait que monter en intensité au fil des difficultés que j’affrontais au travail. Celles-ci étaient liées au fait que j’accédais enfin à un poste à responsabilités, quelque chose pour lequel je ne me suis pas sentie concrètement préparée par mes études et mes précédents emplois. C’était aussi parce que je n’ai pas passé le concours ni suivi la formation spécifique de cadre de la fonction publique comme beaucoup de mes collègues dans cette agence publique (j’ai été recrutée en tant que contractuelle). D’autre part, je ne le savais pas encore, mais je n’étais pas faite pour ce type de travail.

Le jour où j’ai laissé le stress prendre le contrôle

Il y a une différence entre le stress « normal » qu’on connaît tous une fois de temps en temps, et un stress qui s’installe insidieusement et qui nous étouffe peu à peu. J’ai franchi ce passage sans le savoir quand j’ai pris mes fonctions dans le poste et que, les mois passant, j’ai constaté que mes difficultés à m’approprier mes missions ne se dissipaient pas. C’est là que j’ai perdu le contrôle face à cet ennemi invisible mais d’une poigne fulgurante ; cet ennemi qui venait de l’intérieur de moi-même. C’est une anxiété qui me prend encore parfois à la gorge aujourd’hui, dès que quelque chose me stresse. Depuis cette période, j’ai l’impression de savoir moins bien gérer mon stress qu’avant. Comme je n’avais jamais éprouvé une telle anxiété auparavant dans ma vie, je n’arrive pas à savoir si cet emploi a provoqué ça ou si j’avais déjà ce stress tapi au fond de moi depuis toujours, et qui attendait le bon moment pour sortir.

Il est vrai que le stress peut être un moteur. Mais s’il devient trop intense, il devient alors un frein.

Le stress a affecté chaque partie de mon corps avec des symptômes que pour la plupart je n’avais jamais ressentis de toute ma vie, ou alors de manière beaucoup plus faible et ponctuelle. Des raideurs dans les jambes même pendant des moments de détente, des contractures dans mon ventre, des mains moites avant d’entrer en réunion ou de passer un entretien sur un dossier, parfois même des diarrhées ; de l’acné, de l’exzema, et tant d’autres signes qui montraient que mon corps ne suivait plus : perte de poids, mauvais sommeil, envies de sucre, et de manière générale, fatigue chronique et affaiblissement du système immunitaire.

La principale manifestation de mon stress était dans mon diaphragme, dans mon système respiratoire tout en entier, telle une enclume posée sur ma poitrine qui m’empêche encore parfois aujourd’hui de remplir mes poumons au maximum.

La charge cognitive et un esprit en état d’alerte quasi-permanent

Et enfin, je ressentais ce stress dans ma tête. Mon esprit cogitait frénétiquement, ressassait en boucle les mêmes idées négatives, au point que j’avais perdu toute capacité de concentration, surtout devant mon poste de travail quand je devais régler une urgence et que je voyais les mails s’entasser dans ma boîte de réception. Ma « to-do » list s’allongeait, alourdissant ce qu’on appelle la « charge cognitive », et je n’avançais pas assez vite.

pexels-photo-357514

À la fin de la période que j’ai passée au sein de cette institution, et même pendant les mois qui ont suivi, j’ai eu cette sensation permanente d’avoir une enclume sur mon corps et mon esprit.

Comment en finir avec ce stress chronique et destructeur ?

Le yoga m’aide beaucoup à gérer mon stress, et le sport en général est une très bonne solution. On m’a aussi prescrit des anxiolytiques, mais cela ne m’a pas du tout convenu et j’ai arrêté d’en prendre au bout de deux jours.

La seule vraie solution pour moi a été sur le long terme et radicale : elle a consisté en la suppression de la source même de mon stress, c’est-à-dire que j’ai mis fin à ce contrat de travail. Je suis sereine par rapport à cette période de travail : je n’ai aucun ressentiment contre le lieu où j’ai effectué cette expérience professionnelle. Je respecte profondément leur travail, leurs missions sont intéressantes et utiles à la société. Je ne ressens pas non plus de rancœur envers les personnes à qui j’ai eu affaire dans ce poste. Le problème était extérieur à tout ça et ne concernait que moi : je m’étais perdue en chemin dans le dédales d’études et de choix professionnels que l’on connaît à notre époque.

Et après ?

Ce problème de stress chronique lié au travail n’est pas encore complètement réglé, une version plus « douce » s’est installée durablement chez moi : une anxiété dont je peine encore à me débarrasser, alors que j’ai maintenant pris les décisions nécessaires pour me débarrasser de la source du stress. Je sais que cela prendra du temps et des efforts pour parvenir à l’épanouissement et à la paix intérieure, mais je suis maintenant plus confiante qu’avant, et plus avertie.

Publicités

6 commentaires sur “Mal-être dans le premier emploi : ma rencontre avec le stress chronique et l’anxiété

  1. Tu as déjà fait une grande partie du chemin et ton analyse est vraiment excellente !
    Je parle souvent de fluidité, et cela revient à vivre (et/ou laisser partir) en fonction de qui est vraiment fondamentale pour soi. Cela ne veut pas dire vivre de façon nonchalante ou olé olé hein ! Cela signifie veiller à la satisfaction de nos besoins et de nos envies. Etre à l’écoute de soi chaque jour, chaque instant…c’est plutôt un beau chemin je trouve !
    Une belle journée et encore bravo pour ton article 🙂

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s